Ricochets d'un secret

Publié le par Blogsarah

Ricochets d’un secret

par Kerenn Elkaïm

 Weekend Le Vif /Belgique/

La journaliste, Julia Jarmond, ne se doute pas qu’en enquêtant sur la rafle du Vél d’Hiv, elle va se lier à la destinée de Sarah. Cette enfant juive tente de sauver son frère, en l’enfermant dans un placard. Qu’est devenue leur histoire ? En remuant le passé, Tatiana de Rosnay procure de mémorables frissons d’émotions.

 

Quel  est votre rapport à la Shoah ?

J’ai lu Anne Frank à 10 ans. C’est elle qui m’a donné envie d’écrire et qui m’a ouvert les yeux sur la Shoah. Nous sommes responsables de ce terrible pan de notre histoire, qui nous concerne tous. De par un background familial varié (anglais, français, russe et mauricien), ce melting-pot de sangs m’a donné une ouverture d’esprit. La tolérance est le plus beau mot de la langue française. Or ce qui s’est passé le 16 juillet 1942, à Paris, en est l’inverse. Viscérale, ma langue maternelle anglaise s’est imposée ici pour prendre une distance avec la France de Vichy.

Votre roman peut-il enrichir la mémoire ?

Traduite dans quinze pays, l’histoire de Sarah est lancée dans un tour du monde, qui va révéler l’horreur de la rafle du Vél d’Hiv. N’étant pas historienne, ce roman vise à transmettre une émotion inoubliable ! Aujourd’hui, le tabou persiste car, il y a trop de douleur, trop de honte envers cette blessure tragique. Le camp de transit de Beaune-la-Rolande est l’endroit le plus sinistre de la terre. C’est là que les enfants juifs ont été séparés de leurs parents, avant d’être envoyés à la mort.

« La vérité est plus terrible que l’ignorance. » Comment transforme-t-elle votre héroïne ?

Même si elle est terrible, la vérité est nécessaire pour avancer. Tous les personnages du roman en font l’expérience. On ne peut ni fuir ni effacer le passé. En mettant ses pas dans ceux de Sarah, Julia va se révéler à elle-même et faire une rencontre bouleversante. J’ouvre ce roman vers la lumière pour finir sur la vie. La souffrance de Sarah m’accompagne. Grâce à elle, j’ai l’impression d’avoir servi à quelque chose.

 

« Elle s’appelait Sarah », par Tatiana de Rosnay, Héloïse d’Ormesson, 361 pages.

Publié dans Publication France

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